Le passé viticole de Paris

Passé viticole de Paris - Page précédente Passé viticole de Paris - Page 2 sur 5 Passé viticole de Paris - Page suivante

Costumes de Paris au 15e siècle
Costumes de Paris au 15e siècle

Le clos de Montmartre
Le clos de Montmartre

Durant plusieurs siècles, le vignoble de l’Ile de France demeurera l’un des plus grands vignobles de l’occident. Limité par la Picardie au nord, la Loire et la Bourgogne au sud, la Champagne à l’est et la Normandie à l’ouest, il compte environ 30 000 hectares plantés au 14e siècle.

Le vin produit alors est blanc pour l’essentiel, issu de cépages adaptés au sol et au climat locaux tel le fromenteau à grains clairs. Il est très apprécié à l’étranger, en Europe du Nord, où il est exporté dès le 10e siècle et les rois d’Angleterre en rempliront longtemps leurs caves. Ce sont d’ailleurs les Anglais qui lui donneront l’appellation de « Vin de France » expression qui restera en usage jusqu’à la Révolution, bien que les textes officiels utilisent l’appellation « Vin de Paris » dès la Renaissance.

Le commerce du vin est encouragé très tôt par les autorités civiles ou religieuses qui y trouvent une importance source de revenus. Dagobert crée l’importante foire du Lendit à Saint Denis où les marchands étrangers, frisons ou saxons, viennent acheter les vins de la région. Plus tard, Philippe Auguste et ses successeurs  accorderont des privilèges énormes aux marchands de vins parisiens qui, devenus maîtres de la Municipalité, s’imposeront comme une puissance économique et politique avec laquelle les rois devront longtemps copter.

A l’époque, on ne sait ni amener les vins à maturité ni les consommer proprement ; ils sont donc bus jeunes et ne titrent que 7 à 10 degrés maximum. Les mérites de ces petits vins blancs secs seront souvent vantés par les poètes et les médecins les recommanderont pour leurs vertus reconstituantes : « clair(s) et net(s) comme de l’eau, de subtile essence, » au moins ne donnent-ils pas la migraine comme ceux de Beaune jugés alors trop capiteux.